Une poupée Barbie à l’effigie de Karl Lagerfeld. C’est l’info qui a sécoué la planète mode.. Car oui, et c’est bien connu, le Kaiser déchaine les passions !

Barbie-Karl-LagerfeldPrévue pour cet automne, à l’occasion de son 55e anniversaire, la célèbre blonde sera totalement relookée « version Karl » : cheveux blancs, blazer et slim noir, chemise blanche à col haut, cravate, mitaines, sans oublier les fameuses lunettes de soleil indissociables du DA de la maison de luxe Chanel.

Cette nouvelle tombe simultanément avec les chiffres du groupe américain Mattel. Et le constat est accablant pour Bryan G. Stockton, PDG du géant du jouet : son bénéfice net a chuté de 61% au deuxième trimestre, tandis que sa marque phare, Barbie, a enregistré une baisse de 15% de ses ventes.

Barbie ne fait donc plus rêver les petites filles. La faute aux Rainbow Loom, ces bracelets faits maison qui déclenchent l’hystérie chez les 8-14 ans ? Peu importe, avec sa Barbie Karl, Mattel veut frapper fort et relancer ses ventes, grâce à l’aura dont bénéficie K. Lagerfeld. Et ce n’est pas la première fois que Mattel lance sur le marché une Barbie « people ». Preuves en sont les poupées Scarlett O’Hara, Kate Middleton, Cher, Audrey Hepburn,  Katniss Everdeen et, dernièrement, Jennifer Lopez. Autant de personnalités différentes pour toucher un maximum de public !

K. Lagerfeld n’a évidemment pas été choisi par hasard. Pas simplement le couturier le plus célèbre du monde, il est devenu, au fil du temps, un véritable produit marketing. Image même de l’avant-gardisme (à tort ou à raison…), « Karl » avoue lui-même être « devenu une sorte de marionnette ». Soirées mondaines, magazines people, cinéma, publication de livres de régime devenus des best-sellers… La visibilité, la visibilité, la visibilité. Régulièrement contacté par de grandes marques pour des collaborations de ce genre, Karl Largerfeld n’en est pas à son premier coup d’essai : commercialisation de lunettes Optic 2000, collection capsule pour H&M, design de bouteilles pour Cola-Cola… Et comme tout ce que touche le Kaiser se transforme en or, à chaque fois, c’est le jackpot !

Coca-Cola light & Karl Lagerfeld from Rosbeef! on Vimeo.

Cependant la stratégie de Mattel n’est pas  forcément uniquement pécuniaire. Produite en édition limitée par sa maison mère, Barbie espère évidemment bien voir les collectionneurs et les modeuses chevronnés se l’arracher. Mais c’est surtout dans sa couverture médiatique que la marque y voit un enjeu de taille. A force d’articles en faisant la publicité, Barbie ambitionne de redevenir le sujet principal des conversations des petites filles dans la cour de récréation… Et de se glisser dans le creux de l’oreille de leurs parents !

Enfin, et cela constitue le dernier intérêt pour Mattel, Karl Lagerfeld est synonyme de haute couture, de classe, de sophistication. Or, Barbie est tout l’inverse ! Souffrant depuis trop d’années d’une mauvaise image, amplifiée par les mouvements féministes, la pin-up est devenue un cliché à elle-seule : belle, blonde, bien foutue mais rien dans le citron.. Ce qui reflétait l’idéal féminin dans les années ’50 est aujourd’hui un jouet presque tabou. Le groupe Mattel espère ainsi, par son égérie Karl Lagerfeld, amener un peu plus de classe et de mode à la plus célèbre bimbo du marché.choupette-lagerfeld

De quoi rendre Choupette la chatte, héroïne du petit monde Lagerfeld, un peu jalouse…